Margot Saint-Loup

99 FANTASMES A REALISER POUR RENDRE UNIQUE

Préliminaires


Allez, quoi ! On est entre filles, alors soyez honnêtes : vous n’avez jamais rêvé d’être dans la tête d’un homme, de votre homme de préférence, ne serait-ce que quelques instants ? Comme ça, comme les petites souris coquines que vous êtes, juste pour voir ? Que peut-il bien penser quand il aperçoit un sein sur la plage, une vedette de cinéma en tenue d’Ève sur la couverture de votre magazine, ou bien quand les héros s’embrassent langoureusement à la toute fin du film ? Vous n’êtes pas curieuses ? Vraiment ?
Et si je vous dis que, contre 19 % en moyenne chez les femmes, près de 60 % des hommes pensent plusieurs fois par jour au sexe ? Non, pas juste au chaste bisou que vous vous faites le matin en vous levant, du style : « Bonjour, ma chérie. » Non. Au sexe, au cul, à l’amour physique, le vrai, celui qui transporte, qui chavire, qui électrise. Un amour dans tous les sens, sous toutes les formes et en tout lieu. Du sexe tellement débridé que même vous, du haut de votre grande expérience de Vénus domestique, vous pourriez en rougir.
Et si je poursuis en vous disant qu’il y a de fortes chances que l’homme qui partage vos jours et vos nuits, votre prince charmant rien qu’à vous, soit lui aussi un obsédé de la pire – ou de la meilleure – espèce ? Toujours pas tentée ?
Pourtant, si vous voulez conserver à vos côtés un homme amoureux et attentionné, il va falloir vous faire à cette idée, mes petites chattes : chaque fois qu’il pense « sexe », votre homme ne se représente pas seulement vos bons gros câlins ordinaires du samedi soir. Désolée si cela ne vous semble pas très compatible avec votre conception moderne des rapports hommes-femmes, ce n’en est pas moins vrai. Moi qui me balade depuis quelques décennies dans la tête des mâles comme s’il s’agissait d’une annexe de ma maison, je peux vous le garantir…
Il faut reconnaître en effet que, si trop d’hommes négligent la complexité de notre anatomie, nous sommes au moins autant de femmes à tout ignorer du bouillonnement intérieur de ces messieurs. Et pour bouillonner, ça bouillonne !
Parce que les hommes jouissent – en apparence – avec une facilité que nous leur jalousons, nous avons tendance à croire que tout ce qui se passe en amont, c’est-à-dire la montée du désir, est d’une égale simplicité. Or, on ne comprend rien à la mécanique sexuelle des hommes si l’on n’admet pas que pour tenir une distance, même modeste, le mâle a besoin d’une énorme quantité de carburant : ses fantasmes.
Là où les moteurs de nos carrosses à quatre roues n’admettent souvent qu’un seul type de combustible, le psychisme masculin peut au contraire – ah ! les heureux hommes ! – faire feu de tout bois. Une paire de fesses, un sourire, une toison pubienne entraperçue ou un téton qui pointe sous le T-shirt : il lui en faut peu, en un sens, mais beaucoup de ces petits « peu », pour être excité.
Mais, au fait… « Un » téton ? « Une » paire de fesses ? Est-ce à dire que vos seins ou vos fesses à vous ne seraient pas les seules étincelles susceptibles d’enflammer cet amadou sensuel qu’est votre homme ? Que n’importe lequel de ces attributs, étrangers, anonymes, y suffirait ?
Le premier spécimen que je réussis à percer à jour ne me donna que peu de fil à retordre. Il me suffisait de suivre les tangentes dessinées par son regard, lorsque nous nous promenions dans la rue, pour deviner ce qui pouvait l’émoustiller. Son truc à lui, c’était les cuisses et la naissance des fesses dénudées par les minijupes. Dès qu’une fille ainsi court vêtue passait à proximité, je sentais ses yeux et son esprit vagabonder à sa suite, invariablement, de manière aussi constante qu’irrésistible. Et, plutôt que de lui en faire le reproche, plutôt que de lutter en vain contre ses millions de fantasmes en puissance auxquels la vie l’exposait chaque jour, j’ai compris que le meilleur moyen d’user de cette énergie sexuelle à mon profit exclusif était encore de m’inscrire autant que possible dans ses fantasmes.
On ne détourne pas le cours d’un fleuve ; on apprend à naviguer dessus. Cherchez à la canaliser, et il débordera à la première crue. En clair, il ira voir ailleurs…
C’est à ce voyage mouvementé que vous je vous invite aujourd’hui. Attention, je vous aurai prévenues, cela ne sera pas sans remous. Ça tabasse dur, dans la libido de ces messieurs !
Peut-être n’arriverez-vous pas à tout admettre tout de suite, sans doute serez-vous surprise, décontenancée, parfois même un peu choquée…
C’est pour cela que j’ai aménagé pour vous dix étapes, dix bouées auxquelles vous raccrocher afin de progresser en douceur et de devenir la maîtresse qu’il n’oubliera pas. Son havre sensuel, son ultime destination.
Il vous faudra renoncer aussi, dès le début de ce périple, à vouloir tout contrôler. Encore une fois, on ne domestique pas une eau vive. Au mieux apprend-on à exploiter une petite part de son énergie.
Moi-même, je mis quelques années à comprendre comment fantasmaient les hommes de ma vie. Ce ne fut pas toujours facile. Pourtant, malgré les aléas de nos relations, nous en avons à chaque fois conservé – moi, mais eux plus encore – d’impérissables souvenirs. Ce sont ces secrets que j’ai choisi de partager avec vous. Ceux qui ont fait de moi une maîtresse unique en son genre et d’eux, j’ai la vanité de le croire, des amants comblés.
Alors, prêtes à embarquer ?

Ce qu’il faut attendre de ce livre… et ce qu’il ne faut pas trop en espérer !


Si je vous invite à ce voyage au pays de la sexualité masculine, ce n’est pas uniquement par grandeur d’âme, je l’avoue. C’est aussi parce que les bonnes maîtresses font des amants satisfaits, qui seront eux-mêmes plus attentifs à l’avenir avec les autres femmes… dont je ferai peut-être partie un jour, qui sait ? Bon, d’accord, je ne ferai pas ma peste ni ma semeuse de zizanie conjugale : je vous le laisse, votre chéri ! Pas touche, c’est promis !
Par ailleurs, vous constaterez assez vite que les 99 fantasmes masculins que j’ai répertoriés ici, parmi les plus fréquents et les plus puissants, ne s’appliquent pas nécessairement à l’ensemble de la gent masculine. Chaque homme a connu, au cours de sa petite enfance, un éveil des sens qui lui est propre. Tel chérubin barbu gardera du temps béni de ses nourrices aux généreuses mamelles un goût tout particulier pour les poitrines abondantes, tel autre aura fixé son désir sur les dessous qu’une voisine exposait négligemment à tous les vents, dans son jardin… Il existe autant de sexualités masculines qu’il y a d’histoires et de souvenirs singuliers, autant de fantasmes qu’il y a eu, pour celui qui les porte, d’occasions de les façonner. Et, vous l’avez déjà compris, ce ne sont pas les occasions qui leur manquent…
Ne soyez donc pas surprises, chères sœurs en libido, si telle ou telle suggestion ne semble pas provoquer sur votre Apollon les effets escomptés.
Il ne saurait y avoir, en matière de sexe, une formule unique et gagnante à tous les coups. Il est bien question ici de fantasmes, pas d’incantations magiques qu’il suffirait de répéter comme des mantras. Il va donc vous falloir essayer, tâtonner, tenter encore et encore. Mais, si vous touchez juste, soyez-en sûre, vos efforts seront plus que largement récompensés : rien de plus reconnaissant et docile qu’un homme dont vous aurez chatouillé avec dextérité le nerf érotique ! Un homme repu sexuellement, mais ponctuellement, se sent redevable, quoi ? Cinq minutes ? Dix ? Un gros quart d’heure ? En revanche, un homme dont vous réalisez les fantasmes vous est acquis à vie. Ça vaut le coup de s’accrocher un peu, non ?
Avant de partir bille en tête dans la lecture et l’application scolaire des pages qui suivent, posez-vous d’abord ces quelques questions élémentaires quant au profil sensuel de votre partenaire :
- Quelles sont les zones les plus sensibles de son corps ? Les avez-vous identifiées ? Si tel n’est pas le cas, munissez-vous d’une plume ou d’un simple foulard en soie que vous ferez courir sur toute la surface de sa peau.
- De manière générale, prend-il plus de plaisir à regarder ou à être vu ? Ou aime-t-il aussi bien l’un que l’autre ?
- De la vue, du toucher, de l’odorat, du goût ou de l’ouïe, quels sens sont chez lui les plus développés ? Vous souvenez-vous de certains détails qui, lors de vos précédents rapports, illustrent cette dominante ?
- Quelles sont les parties du corps féminin pour lesquelles il professe un goût particulier ?
- Voue-t-il un culte spécifique à certains vêtements, accessoires ou pièces de lingerie issus de votre penderie ?
- Connaissez-vous ses comédiennes, ses chanteuses ou sportives préférées ? Ont-elles des caractéristiques communes ?
- A-t-il une facilité à parler de ce qu’il aime et de ce qu’il ressent en matière de sexe, ou a-t-il au contraire du mal à se confier ?
- Lors de vos rapports, manifeste-t-il un besoin de dominer ou, au contraire, de s’abandonner ?
Aime-t-il les deux ?
Les réponses que vous apporterez à ces questions dessineront de grandes orientations qui vous aideront, au fil de votre lecture, à piocher dans la boîte à fantasmes qu’est cet ouvrage.
Mais attention ! Si vous ne devez bien sûr pas forcer votre homme, vous ne devez surtout pas vous forcer vous-même ! Il n’est rien de pire qu’un fantasme vécu dans la contrainte. Pour que ces jeux soient un facteur de rapprochement entre vous, vous devez impérativement y trouver votre part de satisfaction. On n’assouvit pas le fantasme de son partenaire dans le but unique de « lui faire plaisir », par dévouement ou, pire encore, par abnégation. Ainsi, pour que votre petite mise en scène ait tous les accents de la sincérité, vous devez y prendre vous aussi un minimum – que dis-je ? un maximum ! – de plaisir. N’oubliez jamais que, chez l’homme, est fantasmatique tout ce qui peut affirmer son pouvoir phallique et sa virilité et, par conséquent, tout ce qui contribuera à votre jouissance. En d’autres termes, contrairement à une idée reçue, rien ne le satisfait mieux que votre propre satisfaction !
Dit comme ça, le programme semble idéal, mais rien n’est aussi simple, bien sûr. D’où l’importance de consacrer du temps – et de la patience – à chacune de vos tentatives…